"L’ultra-gauche", la "gauche" et nous

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Dans l’article de la Presse de la Manche rendant compte de la conférence de presse tenue à Caen pour présenter l’accord entre le NPA et le PG et la liste qu’ils soutiennent ensemble, le terme « d’ultra-gauche » accolé aux forces politiques qui ont vocation à se rassembler dans l’alliance initiée entre le NPA et le PG est surprenant. Et de trop. Car derrière ce terme d'ultragauche, on flaire la tentation de stigmatiser l'action politique que nous menons. L’intitulé de la liste se suffit-il à lui-même pour qualifier cette alliance. Unitaires, anticapitalistes, antilibéraux, écologistes : voilà ce que nous sommes !

 

Si ce dérapage journalistique est assez malencontreux, un passage de cet article de la Presse de la Manche très axé sur les rapport entre « l'autre gauche » et le Parti socialiste illustre bien notre approche : "Lors de la présentation de sa liste, Laurent Beauvais avait affirmé "être de gauche". Des propos qui suscitent l'hilarité chez les anticapitalistes et des réflexions aigre doux : "aux beaux discours, on préfère les actes". En effet ! Main sur coeur, Laurent Beauvais peut bien se dire « de gauche ». Nous, nous n’oublions pas les millions versés au patronat, et pas le moindre, puisqu’on trouve dans la liste des heureux bénéficiaires les grands groupes de l’électronique (Philips puis NXP), de l’automobile (Faurecia, Renault Trucks) et de l’agrobusiness (Lactalis). Des groupes qui empochent les subventions et qui licencient quand même, et qui écrasent la petite paysannerie. C’est çà, « être de gauche » ?

 

La région pilotée par Laurent Beauvais est même en pointe dans la promotion de la coopération entre collectivités locales (dont celles dirigées par la droite, comme les conseils généraux) autour d’un objectif qualifié de « commun » dans un communiqué de la Région, en septembre dernier : « conforter les soutiens publics comme pivot de l’ancrage territorial des entreprises en Basse-Normandie ». Cette politique était celle de l’ancienne majorité de droite. Elle reste celle de la majorité de gauche, en Basse-Normandie, et dans les autres régions. Elle consiste à signer un chèque plus gros que les régions voisines pour « inciter » les entreprises à rester dans « sa » région. Une politique absurde, où l’emploi dans toutes les régions est perdant au bout du compte, seuls les actionnaires des groupes "aidés" s’y retrouvant. Pour nous, « être de gauche », cela signifie stopper ces aides et subventions aux entreprises et groupes multinationaux, mettre à disposition ces fonds publics pour la satisfaction des besoins sociaux et environnementaux dans le cadre de services publics (transports collectifs, logement, éducation), soutenir les coopératives, l’économie solidaire et les salariés engagés dans des procédures de reprise de leur entreprise.

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