Réponse du NPA et du PG à FSU

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La FSU de Basse-Normandie a adressé une lettre ouverte à l'ensemble des candidats aux élections régionales à l'exception des candidats d'extrême droite. Réponse des candidats têtes de liste pour la liste unitaire, anticapitaliste, antilibérale et écologiste du NPA et du PG.   
Cher-e-s camarades,
Dans votre « lettre ouvertes aux candidats aux régionales » (lire ci-dessous), vous faites part de votre inquiétude, face à la situation sociale actuelle : « le chômage augmente, les fermetures d’entreprises et les restructurations deviennent notre lot quotidien », écrivez-vous. Il faut donc « changer de cap », comme vous l’indiquez. Oui, il faut une rupture sociale et écologiste avec le capitalisme ravageur. Pour nous, les élections régionales sont une occasion pour « donner à voir » ce que pourrait être cette rupture. C’est la raison pour laquelle nous faisons campagne autour d’un programme de mesures à mettre en œuvre au niveau régional, mais qui bien sûr trouve son prolongement dans la politique nationale, et qui ne peut se concevoir sans articulation avec les luttes de résistance au rouleau compresseur néolibéral. Il faut aussi une rupture avec les gestions de la région du passé, de droite comme de la majorité de gauche sortante. C’est pour cela que nous présentons une liste indépendante des partis de cette gauche.
 
Dans votre lettre, vous évoquez de nombreuses pistes intéressantes pour mettre en œuvre une nouvelle politique régionale, cette fois en faveur des travailleurs et de la majorité de la population. Nous sommes favorables à poursuivre le dialogue pour enrichir notre propre vision d’une politique alternative, que nous voulons construire dans la confrontation permanente avec les acteurs des luttes sociales et écologistes. C’est dans cet esprit que nous apportons quelques éléments au débat.
 
La « pression sur les chefs d’entreprise » que vous évoquez, nécessaire pour mettre l’emploi au cœur des priorités sociales, doit, selon nous, se concrétiser dans une série de mesures telles que :
-la récupération des aides publiques versées dans le passé aux entreprises qui, depuis, ont réduit leurs effectifs, ou sont responsables de la dégradation de l’environnement.
-la réquisition ou la mise sous séquestre des biens des entreprises qui voudraient cesser leur activité sur le territoire régional, de façon à ce que cette activité reprenne sous contrôle des travailleurs et sous contrôle public. 
Nous nous prononçons également pour l’arrêt des subventions au patronat, les bilans montrant tous que les « aides » sont inefficaces pour développer l’emploi et pour orienter l’investissement vers les productions de biens et de services répondant aux besoins des populations. 
Nous sommes en revanche favorables à l’investissement public massif dans la construction de logements, dans le développement des réseaux de transports collectifs, en faveur des infrastructures et des équipements publics d’éducation, de santé, culturels, etc… 
Pour le financement de l’économie en général et des investissements publics en particulier, nous sommes favorables à la création d’outils nouveaux (Fonds régionaux, banques régionales…) à mobiliser en fonction des priorités à dégager au travers de débats publics. Nous mettons en bonne place dans notre programme la nécessité de « démocratiser » le fonctionnement des institutions régionales, en inventant des formes nouvelles de participation de la population pour que les choix essentiels ne soient pas fait dans le vase clos de l’assemblée régionale et de ses commissions. 
Nous avons nous-mêmes des propositions. Ainsi, nous sommes partisans de l’arrêt des investissements dans la production d’énergie nucléaire (ainsi que de la reconversion des emplois de la filière nucléaire) au profit des énergies renouvelables, susceptibles d’être créatrices d’emplois durables et qui respectent l’environnement. Elu-e-s, nous agirions aussi pour que les fonds régionaux soient mis prioritairement à disposition des structures de l’économie solidaire, de l’agriculture paysanne respectueuse de l’environnement, des structures organisant des circuits courts de distribution, des coopératives ouvrières et des entreprises reprises par les salariés eux-mêmes, notamment pour empêcher les fermetures de sites décidées par les actionnaires. Nous sommes comme vous opposés à la politique des « pôles de compétitivité » et partisans d’un aménagement du territoire qui lutte contre la désertification en marche de certaines zones.
 
En ce qui concerne l’éducation et la formation, nous partageons votre critique concernant l’apprentissage et la « fausse réponse » de la Région aux « contre-réformes présidentielles portant sur le bac pro ». Nous pensons comme vous que cette « fausse réponse se fait au détriment de la réussite de tous les jeunes » et nous ne pouvons être associés aux autres candidat-e-s qui affirmeraient le contraire.
Comme vous, nous sommes partisans d’un « service public national de l’éducation et de la formation ». Mais, face au retrait actuel de l’Etat, la création d’un service public régional de la formation professionnelle peut et doit être un point d’appui pour lutter contre la mainmise patronale grandissante sur la formation professionnelle. C’est dans cet esprit que nous sommes partisans de la création de ce service public régional de la formation professionnelle, axé sur les besoins des personnes et pas sur les besoins d’emplois immédiats du patronat. Ce service public régional consisterait à privilégier les organismes publics (AFPA, GRETA, d’autres organismes à créer éventuellement…) et à en finir avec les appels d’offres ouverts au privé. Certes, les politiques régionales contiennent le risque de l’accroissement des inégalités entre régions. Comme vous le savez, en matière d’éducation, la décentralisation a eu pour conséquence l’aggravation des inégalités entre territoires. C’est pour cela que nous sommes favorables à la coopération entre régions, opposée à la concurrence que se livrent les régions entre elles à l’heure actuelles. En matière de formation, cette coopération pourrait avoir comme objectif la création « par en bas » (depuis les Régions) d’un service public de la formation professionnelle offrant la même qualité, le même accès sur tout le territoire national. La formation professionnelle, comme les transports, montrent bien qu’il est possible de mener des politiques nouvelles dans les Régions sans tomber dans le « régionalisme » mais portées par l’ambition de leur généralisation sur tout le territoire, et s’appuyant sur les luttes des usagers et des travailleurs des secteurs concernés.   
Très fraternellement  
Christine Coulon (tête de liste régionale), Nathalie Menard (Manche), Fabrice Fourré (Calvados), Jean-Claude Marie (Orne)      
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